Toute bonne année scolaire se doit de commencer avec la photo des élèves. C'est donc plus bruyant qu'à l'habitude que les élèves sont entrés dans les corridors, ce matin.
Encore une fois, que Dieu bénisse cette école aux allées en tapis. Au yiable les allergies! Moi ce que je veux, c'est le silence! Enlever les tapis et je m'enfoncerai des bouchons orange fluo dans les canaux auditifs entre chaque sons de cloche.
Je m'écarte du sujet. La photo. Oui, bon. C'est une entrée marquée par l'uniformité des peignures au gel, des robes en gâteau de princesse et des fausses boucles (ne pas lire, ici, fausses boules) qui allait, je le savais déjà, m'assurer d'une journée...spéciale.
Lequel de ces morveux allait tomber dans la boue avant la prise de sa photo? Combien de "parents négligents" auraient-ils omis l'interdiction de porter du vert pour cette photo ultra-high-tech au décor interchangeable à l'ordinateur (Comprendre ici: Combien de flots receveraient-ils des photos avec leur visage en suspension dans un décor campagnard aux couleurs d'automne?)? Combien de fois allais-je me faire demander: C'est quand, la photo?
Un enfant m'a demandé pourquoi on prenait une photo d'eux chaque année. Question à laquelle je n'avais pas de réponse.
"C'est pour mettre ta face dans nos archives. De cette façon, comme ça arrive souvent, la journée où tu te feras kidnappé ou la nuit où on te retrouvera battu à mort, ben on aura toujours une belle photo récente de toi".
Au lieu d'avoir l'air d'une dinde sans réponse, je lui ai demandé de revenir me poser cette question en anglais (avantages certains du prof d'anglais). Il ne reviendra jamais. Fiou.
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